Détail du voilier Détail du voilier

L’objectif n’étant plus la qualification, je vais travailler les manœuvres ce qui ne devrait pas manquer avec ces grandes boucles.

Faut dire que je ne m’en suis pas vanté dans le carnet de bord de la Solo des Ports de France mais il y a du boulot !! A part le joli coquetier pour l’empannage dans la brise j’ai massacré un paquet de virements de bord en sortant ou trop serré ou trop abattu ou foc pas bordé ou en oubliant de passer l’eau des ballasts ou en oubliant de refermer la vanne de transferts … j’en passe et des meilleures. Je crois que j’ai fait toutes les erreurs du manuel alors que c’est parfaitement décrit … suivez moi…

D’abord il faut toujours préparer à l’avance l’écoute de foc au vent en passant 2 tours autour du winch et en la mettant en tension ensuite on peut attaque la manœuvre au tableau noir:

- j’enlève la manivelle du winch sous le vent et la positionne au vent, fastoche.

- Je vérifie que c’est bien le moment d’envoyer un virement car une fois la décision prise de passer l’eau du ballast il faut une vingtaine de secondes avant d’être installé sur l’autre amure

- J’ouvre la trappe de passage rapide de l’eau du ballast et compte 15 secondes en donnant de la barre d’écoute (pour limiter la gite) et en défaisant 1 tour de l’écoute sous le vent afin qu’il n’en reste que 2. A ce moment là je suis à genoux penché sur mon winch sous le vent, le bateau pleine gite avec 300 kg d’eau du mauvais coté, j’ai la barre à la main, l’écoute à la main et essaye de garder le cap.

- Au bout de 15 secondes environ ou quand l’eau déborde du ballast sous le vent par les évents je pousse la barre tout en défaisant les 2 tours d’écoute qui restent au moment ou le bateau passe dans l’axe du vent. C’est généralement là que l’écoute reste à moitié enroulée car j’ai du lâcher la barre et me jeter de l’autre coté pour reborder l’écoute. C’est aussi parfois le moment on je me rends compte comme maintenant que j’ai oublié de fermer la trappe de passage rapide et que l’eau est en train de repartir dans l’autre ballast. On va dire que j’y ai pensé à temps cette fois ci…

- Donc je borde à la main dans un parfait timing et dans l’élan redresse la barre avant d’être trop abattu. Je me retrouve donc dans ma position favorite : gité, penché sur mon winch, une écoute tendue à la main la barre dans l’autre et avec l’intension de faire un troisième tour d’écoute sur le winch en passant autour de la manivelle afin de coincer le tout dans le selftailing tout en me mettant au meilleur cap.

- Il peut arriver à ce moment qu’à cause d’un timing moyen ou d’une écoute mal libérée le foc soit très mal repris et qu’en plus je doive aller à l’avant passer la jupe (rien de bien sexy hélas) voire que la barre d’écoute soit mal placée et qu’il faille que j’en reprenne ou en donne.

- C’est le moment chaud/critique qui va conditionner la réussite ou l’échec car tout sert à ce moment, les mains, les genoux, les dents si besoin et pour un peu qu’on ait mal calculé son coup il faut parfois envisager de revirer dans la foulée.

- Donc je contrôle la barre et, grâce à la gonflette de l’hiver, je borde au winch d’un bras très facile pour ajuster le réglage de foc puis rampe au vent afin de régler la grand voile et me rend compte que j’ai oublié de matosser avant de virer et qu’il me faut maintenant remonter tout le matériel de sécurité, les voiles, les fringues et la bouffe de la banquette et la couchette sous le vent vers leur symétrique au vent. Et là on y va bien énervé car c’est tellement facile de matosser avant de virer … mais bon j’oublie une fois sur deux ! Bonne nouvelle cependant, avant il y avait une limite de poids de matériel matossable à 70 kg et elle vient de passer à 100 Kg pour les grandes étapes donc à chaque virement il faut bouger maintenant 100kg de matériel en qq secondes car dehors sous pilote automatique on perd du temps sans compter qu’on fonce à l’aveugle dans ces moments là …

Et voilà le virement de bord est fini … facile dans les petits airs sur une course au large mais un peu plus chaud dans la brise sur des parcours banane… Il faut avoir les automatismes comme ils disent ! On peut aussi faire la manœuvre avec le pilote mais c’est trop facile …

Donc objectif de ces 48 heures de course : enchainer de jolis virement de bord et des envois et affalages de spi propres. Je vous raconterai prochainement comment c’est facile aussi sur le papier de jouer avec son spi … Et puis et surtout comme d’habitude : prendre du plaisir et ne rien lâcher …

A très bientôt pour la suite …